La semaine dernière, en pleine bourre de la Saint-Valentin, le traffic manager de ma plateforme d'affiliation m'envoie un mail pour me dire qu'ils arrêtent la campagne d'achat de mots clés car elle n'est pas rentable pour eux d'autant plus que d'autres sociétés achètent "Lulu les Chocolats".
Impossible, me dis-je, Lulu les Chocolats est une marque que j'ai déposée à L'INPI avant même la création de la société, nul ne peut donc l'exploiter hormis moi et mes partenaires sur mon accord.
Je vais donc vérifier en faisant une recherche dans Google sur la requête "Lulu les Chocolats" avec les guillemets et je m'aperçois qui il y au moins 3 concurrents qui enchérissent sur la marque !

Cette pratique est clairement assimilée à de la contrefaçon et plusieurs sociétés ont déjà été épinglées pour ça (dont Google himself).
Première réaction de ma part : Je vais leur envoyer un petit courrier pour leur demander d'arrêter car pour moi le préjudice est réel. En effet sans aller jusqu'à le chiffrer on peut évoquer les impacts suivants :

  • 1- mes partenaires sont contraint d'arrêter la campagne adwords puisque les enchères ont grimpées. C'est donc du CA direct de perdu.
  • 2- ils détournent la (petite) notoriété de Lulu les Chocolats puisque à priori les Internautes qui tapent "Lulu les Chocolats" recherchent Lulu les chocolats. C'est une forme de parasitage et profite du temps et des investissements que j'ai fait pour développer la marque.

    Finalement, je me suis ravisé, me disant que quelque part, c'est une forme de reconnaissance de la part de la profession (on se console comme on peut) et que j'avais d'autres chats à fouetter que de rentrer dans un jeu que je déteste : celui du procédurier à deux balles qui, plutôt que de dépenser son énergie à faire avancer sa boite, préfère chercher à ralentir celle des autres.

    Je n'ai donc rien fait, et pourtant, ce n'est pas des petites boites qui sont coupables du méfait (faites le test, vous trouverez un chaine de chocolats belges ainsi qu'une chaine qui va ouvrir un magasin à NY).

    Et puis (en fait c'est là que je voulais en venir), Mathilde et François reçoivent un recommandé pour leur demander d'arrêter d'utiliser le terme "Entreprenaute", ce dernier étant déposé comme une marque ainsi que 15000 euros en réparation du préjudice.
    Franchement, c'est du grand n'importe quoi, et c'est encore une démonstration probante que tout le monde, s'il joue au même jeu n'applique pas les même règles.

    Sans rentrer dans les détails de l'histoire (voir leurs blogs respectifs) ni me prononcer sur le bienfondé juridique de cette assignation je me pose quand même des questions :

  • 1- Les Entreprenautes Associés n'est ni une société, ni un GIE, ni même une association. C'est juste une bande d'entrepreneurs du Web qui se réunissent de temps à autre pour bavarder et boire une bière. Il n'y a donc pas de structure juridique, pas de personne morale sous ce nom. A qui s'adresse donc l'assignation ? A Mathilde et François à titre privé ou à leurs sociétés ?
  • 2- A ma connaissance, aucune utilisation commerciale n'a été faite sous ce nom, on n'a pas vendu de T-Shirt, les soirées ont toujours été gratuites. Où est dans ce cas le préjudice subit par le requérant, la simple utilisation d'un mot courant déposé comme marque put-elle suffire à nous accuser de contrefaçon ? (je dis nous car finalement nous sommes tous concernés).
  • 3- Je suis étonné qu'une société fournissant des solutions de sites web clé en main à des petites sociétés s'attaque ainsi à un vivier de clients potentiels (si c'est bien de cette société dont il s'agit). Je m'étonne également qu'elle n'ait pas agit avec plus d'intelligence. Etant de ce métier, elle ne peut ignorer le buzz (forcément partisan) que va susciter cette histoire.
  • 4- Je crois que ce qui l'embêtait c'était de voir qu'il perdait petit à petit des places dans les résultats de recherches, que le collectif commençait à être connu.
    A-t-il voulu réellement se faire de l'argent sur notre dos ou s'est-il réellement senti lésé ? Dans ce dernier cas, une simple lettre demandant à ce qu'on utilisent plus ce nom aurait j'en suis certain suffit à régler l'affaire.

    Je comprends Mathilde et François quand ils disent qu'ils ont préféré supprimer le blog, ils ont d'autres chats à fouetter que de se prendre la tête avant cette affaire. On changera de nom et c'est tout. Ce n'est pas le nom qu'on porte qui fait ce que nous sommes, mais la manière de le porter (j'aime sortir des formules à deux balles).

    Mais est-ce bien ce que le requérant demande ?

    PS : Pour les détails, lire le blog de Mathilde et de François et n'hésitez pas à relayer l'info.